Impressions de voyage : Madère

 

avril 2004.

Madère, île portugaise de l'Atlantique au large du Maroc (non, Madère n'est pas plus en Méditerranée que les îles Boromées ne sont en Polynésie) est appelée "l'île aux fleurs" par l'office du tourisme, à assez juste titre. Mais l'impression majeure que nous avons eu ce printemps était celle d'une île en travaux. Les entreprises de travaux publics étaient omniprésentes pour abattre le maximum de boulot avant le début de la pleine saison touristique: tunnels des routes à quatre voies perçant la montagne, la route de corniche dans le nord se faisant doubler par une autre plus large, ports aménagés à coup de blocs de béton jetés près du rivage. La petite île à tendance macrocéphale avait manifestement décidé d'abolir les distances entre la capitale régionale Funchal et le moindre village et le FEDER finance particulièrement cette région européenne périphérique.

Madère est « région européenne 2004 », honneur qu’elle partage d’ailleurs avec la communauté germanophone de Belgique. Les barques de pêche aux couleurs vives dont font état les brochures touristiques ont déserté les bassins, il faut bien les chercher pour en trouver une ou deux par port, généralement à sec et retournées. Le poisson– poisson-épée et thon – servi dans les restaurants et vendu au très touristique « marché des travailleurs » de Funchal, provient de chalutiers rénovés et redimensionnés grâce à l’aide de l’Union européenne.

L’hôtel Bravamar dans lequel nous sommes descendus le samedi à Ribeira Brava, petit port de la côte sud, était décrit dans la brochure de Voyageurs du monde comme disposant de toutes les commodités, bar, restaurant, piscine… Nous étions seuls ou presque et on nous expliqua que le bar et le restaurant étaient fermés mais qu’il y avait des snack-bars pas loin. La piscine – une grande baignoire plutôt – sur le toit était fermée aussi. Quant au petit déjeuner, pas de problème, on nous l’apporterait dans la chambre à l’heure souhaitée. Nous le demandons pour 9 heures et le lendemain nous l’attendons à l’heure dite, ou plutôt pour un peu après, ayant compris que les Madèrois ne sont pas scandinaves en matière d’exactitude. Mais à 9h30, ne voyant rien venir, nous téléphonons à la réception, où le téléphone sonne dans le vide. Nouvelle tentative puis appel du gardien de nuit, que nous réveillons à dix heures moins le quart. Il nous promet d’une voix ensommeillée que nous aurons notre petit déjeuner dans un quart d’heure. C’est finalement à plus de dix heures et quart que nous aurons un pot de café, du pain de la veille, du beurre et des pommes. Plateau que nous aurons la surprise de retrouver le soir sur la table car – peut-être parce que nous étions dimanche – personne n’est venu faire la chambre !

Le téléphérique de Acadas da Cruz permet aux maraîchers d'aller cultiver leurs champs en bord de mer, et aux voyageurs curieux de passer un moment paisible. La cabine, qui a remplacé l'ancien téléphérique à nacelle, enmène personnes et récoltes du haut de la falaise à la grève. Les champs ou plutôt les jardins, sont clos de muretset de canisses; les rigoles d'irrrigation courent le long des minuscules sentiers; le bas de la pente est aménagé en terrasses. Etrangement, un drapeau flotte sur une cabane, à l'effigie de Che Guevara.

Un petit restaurant dans l’ancien quartier des pêcheurs à Funchal, près du fort. La carte est, comme souvent, trilingue portugais – anglais – allemand. Je traduis quelques mots et le serveur entend. « Ah, vous êtes Français. Vous venez de où ? Paris, Marseille, Dijon ? ». Je réponds « Paris » et précise « Vers la République ». « La France est une grande république ! » se méprend-il « Liberté, fraternité, égalité ! »

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