Impressions de voyage : Cuba

 

avril 2003

Dollar omniprésent; portraits du Che et statues de José Marti; filles court-vêtues; des femmes demandent du savon, des enfants des crayons et les gardiens de musée des dollars aux touristes; CNN en espagnol dans les hôtels et Fidel en noir et blanc dans les troquets; trois tentatives de détournement -deux avions, un bateau - pendant que nous y étions; des arrestations d'opposants; un contrôle de police omniprésent - pour les Cubains seulement -; une médecine excellente mais un manque de médicaments comme l'aspirine; la possibilité pour tous de faire des études, y compris supérieures, les jeunes ne veulent pas travailler la terre, même pour le tabac, rémunérateur mais particulièrement fatiguant; chute de Bagdad en direct sur TV6 pendant que Jean-Luc dormait, assommé par une piqûre de scorpion; Chevrolet des années cinquante qui roulent encore; architecture espagnole du XVIe et grandes demeures coloniales qui sont très dégradées et habitées par des familles ou sont rénovées avec l'aide de l'Unesco et abritent musées, restaurants ou hôtels.
Varadero est un gigantesque bronze-cul pour Canadiens, Européens et Sud-américains, nous avons soigneusement évité ; une route-digne à péage ponctuée de ponts de 55 kilomètres mène vers l'ex-îlot Cayo Santa Maria.
Sport national, le base ball, les Cubains savent que les Français préfèrent le football, les croient encore champions du monde et connaissent Zinedine Zidane.
Des autoroutes à accès libre, quasiment désertes et sans panneaux indicateurs, si bien que prendre des auto-stoppeurs n'est pas seulement utile aux Cubains qui attendent pendant des heures mais utile au touriste pour trouver son chemin! Très peu de transports en commun longue distance, si ce n'est "el tren francès" qui relie La Havane à Santiago deux fois par jour et tient ses horaires. Des bus urbains surchargés, certains à deux bosses, dits "chameaux" et d'autres, jaunes, qui portent encore les mentions "écoliers, ne pas doubler quand les feux clignotent" en français ou plus rarement en anglais, le Canada n'a pas plus suivi les Etats-Unis dans leur embargo que dans leur guerre récente. Obligation aux voitures de l'administration de prendre les stoppeurs.
Du Cola Cola fabriqué au Mexique pour confectionner le Cuba libre. Des jus de fruits tropicaux et de l'eau minérale partout. Le daiquiri à six dollars pièce (deux et demi ou trois ailleurs) au Floridita, bar où il a été inventé : portraits d'Hemingway et orchestre jouant "Commandante Che Guevara". Dans le restaurant voisin, plus modeste, l'orchestre joue entre des airs cubains "Heure exquise" et "Cerisier rose et pommier blanc". La portion de langouste est si importante que Jean-Luc n'arrive pas à fini.
Un planteur de tabac de Vinalès se plaint de la sécheresse: il n'a pas eu si froid depuis quarante ans, quand il faisait le coup de feu dans la montagne. A soixante deux ans, il continue de cultiver le tabac : les cent pesos - quatre dollars - de pension de retraite ne suffisent pas pour acheter les biens manufacturés dont il a besoin. Il mange bien, boit du café et fume quatre cigares par jour : autoconsommation. La récolte de tabac lui est achetée en pesos jusqu'au quota demandé, en dollars au-delà. Son fils travaille en ville.
A la fin des études, chacun a automatiquement un poste de travail dans l'administration ou une entreprise d'Etat, qui donne droit à un carnet de rations - de quoi mal manger le tiers du mois, nous explique t-on - un salaire en pesos et un certain nombre d'avantages en nature - logement quand il y en a, voiture si on est très haut dans la hiérarchie. Une institutrice reçoit en espèces l'équivalent de huit dollars par mois, c'est à dire le prix d'une paire de chaussures importée. Un employé de l'agence de voyage était professeur d'anglais et d'allemand à l'université, il gagne bien mieux sa vie en convoyant des touristes.

Des photos? Cliquez ici  
Un diaporama? Cliquez ici


Retour aux impressions de voyage
-O-
retour à l'accueil