Marie-Noëlle Auberger : une biographie non conformiste

 

Economiste de formation, Marie-Noëlle Auberger a été enseignante, cadre financier dans l'industrie chimique, consultante en Europe et en Afrique, journaliste dans l'information sociale, et au passage syndicaliste et gérante de société. Elle propose aujourd'hui une offre dans la responsabilité sociale des PME.

Lors de sa première année d'études à ce qui s'appelait la faculté de droit et de sciences économiques de Paris, elle est très impressionnée par le professeur de microéconomie concepteur d'une formule pour mesurer la longueur des grèves. Selon cet appareillage faisant intervenir une dizaine de paramètres -dont le taux de réescompte de la Banque de France- les grèves devaient scientifiquement être rares et brèves dans les prochains mois. On était début 1968. Depuis elle se méfie de l'excès de modélisation. 

Quelques mois plus tard, l'OPA de BSN sur Saint-Gobain lui paraît un feuilleton autrement plus passionnant que ceux de l'ORTF dont elle n'apprécie vraiment que les Shadocks. Les années passées à Assas lui font abhorrer l'extrême droite et un passage en sociologie à Censier lui donne une certaine propension à ne pas prendre très au sérieux l'extrême gauche psychorigide en milieu protégé. Elle commence à voyager, d'abord autour du bassin méditerranéen (Algérie, Grèce) puis dans l'autre monde qu'est l'Asie (la Thaïlande avant le tourisme de masse, le Cachemire en stop camion) et ne s'arrêtera plus de le faire.

Fermement décidée à ne pas faire carrière dans l'enseignement " si beau métier pour une femme ", elle donne quand même quelques cours alimentaires ses dernières années d'études à des étudiants de travaux dirigés pour la moitié d'entre eux plus âgés qu'elle. Maître auxiliaire (on ne va pas dire " maîtresse auxiliaire " quand même !) dans des lycées de banlieue, elle ruine bon nombre d'illusions d'élèves de terminale en leur faisant dépouiller les petites annonces emploi des quotidiens. Chargée de la partie statistique d'un manuel scolaire écrit par un enseignant de la rue d'Ulm, elle déjeune parfois avec un professeur de philosophie aux cheveux blancs à propos duquel elle constatera peu après que les célébrités du monde universitaire sont parfaitement inconnues du monde de l'industrie…

Cadre à la direction financière de CDF Chimie, elle est minoritaire comme femme dans un milieu masculin et comme universitaire dans un monde d'ingénieurs. D'abord adjointe au chef de la trésorerie centrale du groupe, elle devient chargée de la zone Europe au service crédit commercial et recouvrement. Parallèlement, elle est élue Cfdt au comité d'entreprise du siège social, au comité central d'entreprise et participe avec voix consultative au Conseil de surveillance.

Abandonnant les tours de la Défense et la chimie française en pleine restructuration, elle part au Congo, alors république populaire, où elle intègre un bureau d'études économiques avec mission de créer un bulletin de statistiques économiques au ministère des finances. Ceci lui permet de constater que certains investissements, parfois chaudement recommandés par des consultants européens, ont une productivité négative mais, consolation, les factions au pouvoir, occupées à gaspiller la rente pétrolière, laissent la paix aux paysans. Le contrat terminé, elle rejoint une société de contrôle technique dont elle monte l'activité Produits et marchandises puis en prend la direction. Mais la mise en place d'un système général de contrôle des importations ne va pas jusqu'au bout dans un pays en crise et elle revient en France.

Dans différents bureaux d'études, elle étudie la stratégie des banques européennes et procède à des analyses sectorielles pour le Bottin de la finance puis réalise des évaluations de projets pour la Direction du Trésor, en particulier sur les effets de la coopération française en direction des PME tunisiennes.

Elle réalise, comme rédactrice en chef et éditorialiste, plus de cinquante numéros de la revue de la revue " Cadres " éditée par l'Union des ingénieurs et cadres de la Cfdt. Elle est pendant trois mandats secrétaire nationale de cette organisation, ce qui lui vaut entre autres de représenter la France, collège travailleurs, à la conférence de l'Organisation internationale du travail sur l'accès des femmes aux postes de responsabilité. Elle crée le groupe de travail " Outils de gestion " qui rassemble cadres d'industrie, universitaires et consultants autour d'une réflexion critique sur les outils de comptabilité et de management utilisés dans la gestion des entreprises.

Signataire du Manifeste pour l'entreprise individuelle de "Solos Connexions" , elle édite un numéro de la revue Cadres sur "les professionnels autonomes" avant d'en redevenir une elle-même.

Membre de l'Association des Journalistes de l'Information sociale, elle est élue au comité directeur après avoir mis en place le site Internet de l'association et " AJIS Electro Info ", la lettre électronique d'information hebdomadaire. Une formation dispensée pour l'association Ouest Fraternité à la presse indépendante africaine lui donne l'occasion de revoir Brazzaville entre deux guerres civiles. Sous son nom ou sous pseudo, elle fait partie des fondateurs d'une lettre sur le chômage, participe au numéro zéro d'une lettre d'information économique aux PME et écrit des papiers pour divers titres de la presse sociale, en particulier dans les domaines de la protection sociale et de la responsabilité sociale des entreprises. Elle envoie par lettre électronique ses " Chronironiques ", un regard un peu décalé sur l'actualité et la vie quotidienne.

Elle participe à diverses associations travaillant dans ses domaines de compétence : l'Observatoire des Solos pour l'auto-emploi, l'APL-SAGP pour la démocratie dans l'entreprise, le CFIE et l'ADERSE pour la responsabilité sociale des entreprises.

Son site professionnel présente les grandes lignes de son offre de formation et d'évaluation en matière de responsabilité sociale des PME, la forme micro-économique du développement durable. Elle édite aussi une lettre mensuelle sur ces thèmes, la Missive de Gestion Attentive

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depuis le 1er mars 2005